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Il y a très longtemps, environ
trois siècles avant JC, la légende
raconte que les éléphants d'Annibal,
se dirigeant vers les Alpes, foulèrent
le sable du Lido.
Dès le moyen-âge, des familles
de pêcheurs y vivaient l'été,
puis l'hiver venant, il se repliaient vers
le village de St Laurent de la Salanque.
Ainsi "El Barcarès" était
comme on le retrouve sur des cartes du 18e
Siècle " le refuge des barques
" de cette commune, où l'on retrouve
encore sur d'anciens registres d'actes civils
des mentions du type : "Né au
Barcarès de cette commune". "
Le refuge des barques " accueillait donc
les pêcheurs, qui, surpris en mer par
la tempête, accostaient en catastrophe
en attendant le retour au calme.
Ce ne fût qu'au cours de ces
deux derniers siècles qu'un véritable
commerce pût s'instaurer. En effet,
une certaine sécurité en Méditerranée
retrouvée et l'aménagement de
l'embouchure de l'Agly offre un abri sûr
aux embarcations des pêcheurs. Les balancelles
et tartanes à voiles latines peuvent
ainsi transporter les vins de Rivesaltes et
les poteries de la Salanque vers Sète
et Marseille. Cet accroissement maritime va
entraîner l'installation d'une batterie
de douanes à partir de 1800. Peu à
peu les habitations en dur font leur apparition
et se groupent autour d'une petite église.
Vers le milieu du 19e Siècle on peut
y dénombrer quelques petites entreprises
artisanales.
Malheureusement, un déclin s'amorce
avec le développement de Port-Vendres
desservi par la ligne ferroviaire Narbonne-Cerbère,
puis s'accentue avec le détournement
de l'Agly de son embouchure, à un kilomètre
au sud du village, sous prétexte que
les crues nuisaient aux vignes riveraines,
propriétés de quelques notables
laurentins.
L'activité maritime se tourne alors
exclusivement vers la pêche en mer au
filet dérivant, la pêche littoral
à " l'art ", sorte de senne
que l'on hale à partir du rivage et
la pêche au " boeuf ". A la
mauvaise saison, après la campagne
de pêche en mer, les marins du Barcarès
se replient sur le bord de l'étang
pour y pratiquer la pêche à l'anguille.
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C'est à partir de 1910, avec la mise
en service de la ligne de chemin de fer reliant
Perpignan au Barcarès, que le village,
station terminus, connaît son véritable
élan touristique parallèlement
à la vogue croissante des bains de
mer. Les Perpignanais, mais surtout les habitants
de la vallée de l'Agly, apprécièrent
alors cette grande plage de sable fin.
Le 22 mars 1929, une loi votée par
le sénat et la chambre des députés
donne l'autonomie administrative au Barcarès.
Un promoteur se livra, sur le site actuel
du Lido, à une première tentative
d'aménagement du littoral : l'idée
de la création d'une station balnéaire
était lancée en 1930. Malheureusement,
les débuts d'une conjoncture économique
en chute et la seconde guerre mondiale, retardent
ces projets.
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Au mois de mars/avril 1939, on vit
arriver les premiers réfugiés
de l'armée républicaine espagnole
sur la plage du Lido qui accueillera jusqu'à
60000 réfugiés. En septembre
lorsque la guerre éclate, certains
réfugiés s'engagent dans le
premier régiment de marche des volontaires
étrangers. Dorénavant, la mémoire
de ceux qui sont tombés, sera préservée
à jamais sur le monument qui leur a
été dressé au Lido -
Le mémorial des trois colonnes.
Le 12 novembre 1942, l'occupation allemande
au Barcarès met en place un dispositif
de défense avec un canal anti-char
sur l'emplacement du Grau St Ange, les vignes
sont minées, deux blockhaus sont construits
en bordure de mer, et les habitants sont chassés
du village en août 1944. Ce n'est qu'au
début de 1945 que le village retrouvera
ses habitants.
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C'est dans les années 60, alors
que la France connaît une augmentation
importante du tourisme avec la révolution
des transports, et que la Côte d'Azur
sature de plus en plus, que le gouvernement
français en place, décide d'étendre
Ici côte Méditerranéenne,
de Port Camargue à Saint Cyprien, en
passant par la Grande Motte, Carnon, Cap d'Agde,
Gruissan, Port Leucate, et Port Barcarès.
La France se lance donc dans une politique
de grands travaux d'aménagement du
territoire, lourd pour les finances, mais
qui promet dans ce secteur d'activité,
un avenir meilleur, pour les vacances des
Français, mais aussi pour l'économie
du Pays.
Ce projet d'expansion est un véritable
défi, qui laisse souvent perplexe le
COMMANDO dirigé par Pierre Racine,
dont la mission va devenir l'une des aventures
les plus ambitieuses de ce siècle.
Le 18 juin 1963, l'aménagement touristique
du littoral du Languedoc-Roussillon est décidé.
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Les grands travaux débutent dans notre
station, sur l'actuel quartier du Lido, en
1968. Charles de Gaulle, Président
de la République à ce moment,
survole la station pour inspecter l'esquisse.
Tout en appréciant la beauté
du lieu qui se situe entre la mer et l'étang,
il constate l'étendue du projet de
la construction d'un site sur plusieurs faces.
Les travaux se passent bien et avancent rapidement,
les promoteurs sont de plus en plus attirés
et on voit croître d'année en
année les quartiers de la station.
Pierre Racine confiera dans son ouvrage "
Mission Impossible ".
" Faut-il transformer ce paysage étrange,
si beau dans sa solitude et son dénuement
presque parfait ?". Il se réconfortera
par la volonté de respecter cet environnement
par des mesures écologiques.
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Le M/S " MOONTA
", paquebot Australien construit en 1931
aux chantiers BURMEISTER et WAIN ci COPENHAGUE
(Danemark) pour la Compagnie ADELAIDE STEAMSHIP
CO LTD a été exploité,
de 1931 à 1955, sur les lignes du Sud
et de l'Ouest de l'Australie, fréquentant
les ports de Sydney du Queensland, Newcastle
et Albany à Reemant les, ainsi que
les ports du Golfe de Spencer, où est
situé MOONTA, port dont le nom a été
donné au navire.
Acquis en 1955 par la Compagnie Grecque HELLENIC
MEDITERRANEAN LINES, ce bâtiment a été
rebaptisé " LYDIA ", nom
de la province d'Asie Mineure de la Grèce
Antique. Le " LYDIA " a assuré
jusqu'à la fin de 1966, la ligne Marseille
à Beyrouth (Liban) via Gênes
et Naples (Italie), le Pirée (Grâce)
Alexandrie (Égypte) et Limassol (Chypre).
Il effectuait les mêmes escales plus
celles de Port-Saïd (Egypte) lors de
son retour vers Marseille.
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Acheté par la SEMETA par l'intermédiaire
de la Société Barry-Roglino-Salles
le 26 décembre 1966, le " LYDIA
" est arrivé à Marseille,
sur lest, le 3 mars 1967, poste 119 A, pour
y être transformé intérieurement
par la Société Provençale
des Ateliers Terrin.
La salle des moteurs dégagée
et les aménagements prévus effectués,
le " LYDIA ", coque blanche
et cheminée noire, a quitté
Marseille pour LE BARCARES du poste 119 A,
le samedi 10 juin 1967 à 14 heures
30, à la traîne du remorqueur
de haute mer " Phocéen "
de la Société Provençale
de remorquage, assisté du remorqueur
" Provençal 6 " de la même
Société.
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Le 11 juin 1967, à 4 heures 30, le
" LYDIA ", qui avait donné.
quelques f rayeurs à ses remorqueurs,
au large du Delta du Rhône, arrivait
en vue de BARCARES. Sa mise à terre
excellement dirigée par le Commandant
Antoine LENCI, Capitaine d'armement de la
Société provençale de
Remorquage, s'est déroulée avec
succès. Il était en effet hasardeux
de traîner vers un rivage sans abris,
une coque franchement déjaugée
et de profiter d'une saute de vent favorable,
pour insérer le bâtiment dans
son canal puis dans le bassin terminal, cap
au Sud-Ouest vers Perpignan.
Depuis lors, le " LYDIA ",
est devenu, outre une curiosité, un
lieu de loisirs variés attirant de
très nombreux visiteurs et touristes.
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